Criss
in my mind
On dit de Criss qu’il est le Jean-Michel Jarre du violon. La formule pourrait faire sourire si elle ne décrivait pas assez bien ce qui se passe sur scène.
Seul au milieu d’une vingtaine de machines, Criss branche son violon sur un dispositif où tout communique : le son, les lumières, les images. Une note peut faire surgir une basse, déclencher une percussion, tordre une guitare, convoquer un synthé ou un vocoder. Le violon n’est plus seulement l’instrument que l’on entend. Il devient le moteur de tout ce qui se passe autour.
La performance pourrait facilement tourner à la démonstration technologique. Elle tient pourtant par quelque chose de beaucoup plus simple : Criss est d’abord un sacré violoniste.
Il a enregistré une trentaine d’albums, croisé la route d’Alain Caron, Dee Dee Bridgewater, Manu Katché ou Didier Lockwood, ouvert pour Rihanna et parcouru plus de 42 pays aux côtés de Patricia Kaas. Jean-Luc Ponty l’a repéré aux États-Unis. En Angleterre, Manfred Seipt et AEPlive — également liés à Nigel Kennedy et Andy Summers — l’accompagnent dans son développement.
Sa musique circule quelque part entre l’électro, la bande originale d’un film qui n’existe pas encore et le goût très physique de l’improvisation. Elle peut être spectaculaire sans devenir démonstrative, virtuose sans prendre cet air sérieux que la virtuosité affectionne parfois.
Chez Criss, les machines ne sont finalement qu’un prolongement.Au centre, il reste un homme, un violon et cette envie assez obstinée de voir ce qu’ils peuvent provoquer ensemble.
Vous l’imaginez déjà sur votre scène ? Nous aussi.
On en parle ?